Prendre soin de soi

Prendre soin de soi

Prendre soin de soi

Le titre vous laisse croire que j’ai trouvé la solution miracle pour prendre soin de moi mais c’est plutôt le contraire: j'appelle à l’aide! Toi qui es un parent essoufflé par le rythme effréné de la vie, que fais-tu pour prendre soin de toi? 
Mon problème, et celui de bien d'autres parents, c’est qu’on ne prend jamais le temps de s’arrêter. Je le voudrais bien, moi. Mon cerveau et mes obligations, eux, ils n’en n’ont rien à faire! Pour plusieurs, la pandémie mondiale qui a frappé le Québec en 2020 a procuré un souffle de tranquillité bien mérité. Pour d’autres, cette pandémie a plutôt servi à frapper sur un clou déjà pas mal enfoncé. Oui, quelques jours, voire semaines, nous ont été accordés mais le poids d’un horaire chargé de deux parents qui n’ont jamais cessé de travailler accompagnés d’enfants isolés entre quatre murs n’a pas été de tout repos. Ajoutons les fermetures d’école, l’école à distance, les quarantaines, l’attente pour les tests COVID parce qu’un nez coule, les fêtes manqués, les amis dont on s’ennuie... Bref, l’épuisement était bien là!  Alors que le virus s’efface tranquillement et que la vie semble vouloir reprendre son cours normal, ma question est donc justifiable. Que fais-tu pour prendre soin de toi? Que fais-tu pour relaxer? Quand te permets-tu du temps en solo?  
Il y a bien le bain chaud avec des bulles mais, même si je dois me laver chaque jour, je n’ai pas toujours le temps de faire trempette jusqu’à ce que mon anxiété s’évapore par magie dans le trou du renvoie d’eau. De toute façon, mon cerveau n’arrête pas de rouler même si je suis blottie dans des bulles à l’odeur de lavande. J’aime bien lire un bon roman, le problème c’est que je finis toujours par relire quatorze fois la même phrase à force d’avoir été dérangée par ma maisonnée. L’automne, je tricote! C’est relaxant, mais de courte durée. D’ailleurs, quelqu’un veut finir mes projets inachevés des trois derniers automne? Parce que là aussi, à manquer des mailles d’avoir été dérangé, on finit par se tanner. Manucure et pédicure? Bonne idée! Jusqu’à ce que ton vernis s’écorche 3 secondes après avoir terminé en voulant simplement ramasser un tas de boule de bas qui se cachaient sous le divan. Alors un jour, à boutte de toute, je suis partie toute seule le temps d’une fin de semaine. J’ai la chance d’avoir un mari compréhensif, conscient de la charge mentale que je transporte, qui ne me refusera jamais un moment de solitude. ‘’Chow bye, la gang! Me time à l’hôtel, here I come!!’’ J’ai embarqué dans ma voiture, MA musique dans le tapis, MA valise et MON vin pref sur le banc arrière. J’ai roulé pendant une heure en souriant de ‘’LIBARTÉ!!!’’... pour ensuite me mettre à pleurer comme une madeleine sous le poids de la culpabilité. Maudite conscience, va! J’ai terminé le trajet en m’ennuyant d’eux comme si j’étais partie depuis mille ans. 
Parce qu’en plus d’apprendre à s’occuper de soi, il faut aussi apprendre à gérer la culpabilité qui va avec. Certains vivent bien avec ça (clin d'œil à mon mari qui quitte en moto-solo sans pleurer!), alors que d’autres comme moi ont besoin de se rappeler qu’on a le droit. Oui, j’ai le droit de partir une heure, une demi-journée ou le temps d’un week-end! J’ai le droit de partir seule, avec mon mari ou une amie! J’ai le droit, tu as le droit, nous avons le droit, POINT. Plus facile à écrire qu’à faire, je suis la première à qui on doit le rappeler, mais il faut que ce soit un mantra que tous les parents se récitent. Alors, toi? Te le permets-tu? Partage nous tes trucs, tes conseils et, surtout, tes idées, qu’on en profite tous! 😍
Karine Proulx
Juillet 2021